LA COURSE AUX RESPONSABILITES ou quand manger est synonyme de danger

Le scandale de la vache folle n’est pas oublié mais comme nous le constatons aujourd’hui encore, nous ne sommes pas à l’abri des fraudeurs et arnaqueurs de tout acabit. La nouvelle affaire révélée par le groupe suédois Findus prouve bien que certains ne sont pas à cheval sur les principes !

Les consommateurs britanniques ont retrouvé de la viande équine, entre autres, dans les lasagnes vendues en plats préparés alors que le produit est étiqueté « viande bovine ». Sur le plan éthique, l’affaire pourrait être anodine pour un Français mais pas pour un Britannique, pour qui le cheval est sacré. Sur le plan sanitaire, c’est l’ensemble des consommateurs qui est touché. La viande chevaline pourrait contenir de la phénylbutazone, un produit utilisé pour traiter la douleur chez les équidés et interdit à la consommation humaine. Si ce remède de cheval était présent dans les préparations, les plaintes pourraient affluer, à moins que nous soyons guéris de nos douleurs rhumatismales en mangeant des lasagnes !

Courses

© 2013 Véronique Samson – Manèges forains.

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Quant à cette fraude des étiquettes, ce nouveau scandale alimentaire a l’avantage de remettre sur le plat la question des circuits alimentaires, des contrôles sanitaires et de la traçabilité des produits destinés à la consommation.

A l’heure des bilans carbones et des circuits courts, comment expliquer que la commande du suédois Findus faite à la Comigel française (producteur et distributeur) aille au Luxembourg (usine de production de la Comigel) puis retourne en France (chez Spanguero, le sous-traitant de la Comigel) pour aller à Chypre (le tradeur), pour continuer son périple aux Pays Bas (un autre tradeur), ce dernier commande la viande en Roumanie ?

Finalement, la viande roumaine revient à Castelnaudary chez Spanguero qui est désormais au centre du scandale. Si ce dernier doit s’expliquer, il ne sera pas le seul à justifier de ses pratiques industrielles dans ce long périple.

Compte tenu de ce circuit européen et du nombre des intermédiaires, nous devons nous demander ce que contient réellement ces plats préparés. Pour que tous ces intermédiaires gagnent suffisamment de l’argent, il faut bien rogner sur la qualité des produits. Par ailleurs, certains pays font de la fraude un sport. Contourner la loi est parfois simple puisque la politique suivie est « pas vu, pas pris » et les contrôles rares.

La nouvelle directive européenne qui autorise l’utilisation de farines animales (PAT = protéines animales transformées) pour l’alimentation des poissons d’élevage, tombe bien mal dans ce contexte. Nous finirons bien par devenir végétarien(ne) ou végétalien(ne) faute de savoir ce que nous avons dans notre assiette. Il ne reste plus qu’à espérer ne pas vivre le scénario du film de Richard Fleischer (1973) « Le soleil vert ».

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