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LE COUPLE, DEUX mais différent

présence – absence

soleil – ombre

deux

double

double, deux Veronique Samson

Ambiance dans le nouveau centre culturel JOB à Toulouse – Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson

JOB, de l’usine à la culture

A Toulouse, l’ancienne usine de papier JOB, représente encore aujourd’hui un symbole fort. C’est celui des combats menés pour garder l’outil de travail, pour éviter la délocalisation, la liquidation et plus récemment la destruction du bâtiment appelé « amiral« . JOB c’est aussi ce fameux papier à cigarettes.

Construite entre 1929 et 1931, dans un style résolument moderne, l’usine JOB produisait du papier couché. En 1986, Vincent Bolloré se porte acquéreur de l’usine et restructure. Il revend certains biens immobiliers, licencie et finalement revend en 1992 la moitié de ses parts à un industriel hollandais. En 1995, l’usine change à nouveau de propriétaire : elle est rachetée par un groupe papetier allemand. En décembre 2003, la destruction du site commence. Seul l »’amiral » sort indemne de la tempête.

En 2005, la Mairie de Toulouse achète ce bâtiment. Aujourd’hui après quelques années de travaux, l' »amiral » accueille une piscine, l’école de musique Music’Halle, des salles de spectacles, des studios de répétition et d’enregistrement de musique, des salles pour les associations de quartier et pour l’association des anciens salariés de JOB.

JOB en fete
Dans la rue qui mène à l’ancienne usine JOB, adultes et enfants défilent et jouent. Jonchée de papier JOB, la rue est devenue un espace de fête ! Crédit photographique : © Véronique Samson.

 

Si les anciens salariés de JOB n’avaient pas lutté pour garder ce patrimoine industriel, l’ensemble du site serait devenu vraisemblablement une résidence fermée avec grille et digicode comme on en voit tant à Toulouse. Alors chapeau les JOB ! Good job…

AZF, 10 ans après…

Dix jours après l’attentat des Twin Towers de New York (USA), Toulouse vivait une catastrophe industrielle sans précédent. Le 21 septembre 2001, à 10h17, vingt et une personnes trouvaient la mort dans l’usine chimique d’AZF (Groupe Total) suite à une explosion. Dix autres personnes décédaient à l’extérieur de l’usine. Bilan de la catastrophe : 31 morts, des milliers de personnes blessées et des dizaines de milliers de bâtiments éventrés, détruits, ainsi que des milliers de logements sans fenêtres.

AZF 10 ans apres

21 septembre 2011, Toulouse commémore les dix ans de l’explosion d’AZF sur le site de l’usine détruite. La tour emblématique de l’usine a été photographiée avant sa destruction (28 novembre 2004). Aujourd’hui les salariés replongent dans les souvenirs, pour certains ce sont encore des moments très douloureux. Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson.

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Dix ans après, l’amertume, la déception et l’émotion sont palpables. Les raisons de l’explosion dans l’atelier des nitrates ne sont toujours pas connues. Les salariés ont entendu deux explosions, or le tribunal de première instance, n’a reconnu qu’une seule explosion. Beaucoup d’hypothèses ont été exposées allant de l’arc électrique à l’attentat (n’oublions pas que l’explosion s’est produite 10 jours après l’attentat du World Trade Center et que cette piste était la plus facile dans ce contexte). Les salariés se sont sentis attaqués, abusés par la presse, la rancœur est grande. Aujourd’hui encore, il existe beaucoup de dissensions entre anciens salariés AZF, riverains et municipalité. Les salariés commémorent certes sur le site mais déposent leurs gerbes devant leur stèle. Comme on le voit, les blessures sont à vif.

A quelques centaines de mètres du site d’AZF et du lieu officiel de commémoration, les Sinistrés du 21 sont rassemblés au rond point du 21 septembre et brandissent des drapeaux syndicalistes. Ils n’ont pas voulu participer à la commémoration officielle organisée par la Mairie de Toulouse. Par contre, le collectif des riverains Plus jamais ça, était présent avec Pierre Cohen, Pierre Izard et Martin Malvy pour déposer une gerbe de fleurs au pied de la stèle érigée à la mémoire des 31 morts.

les salariés d'AZF en 2011

Serge, Roger, Jean, Pierre, et deux autres collègues de l’ancienne AZF posent devant leur propre photographie noir et blanc réalisées par Patrick Baggi avant la destruction de la tour emblématique. 10 ans après, les plaies ne sont pas encore tout à fait refermées.  Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson.

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Mais pour tous, le combat continue. Si le procès qui a eu lieu fin 2009 n’a rien donné puisqu’une relaxe générale a été prononcée au bénéfice du doute, tous espèrent que le procès en appel du 3 novembre 2011 viendra apaiser la situation.