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UNE ICONE JAPONAISE A VISA POUR L’IMAGE

Qui ne se souvient pas de cette jeune femme japonaise enveloppée dans une couverture marron, telle une madone dans un champ de ruine ?

C’était le 11 mars 2011, le photographe Tadashi Ohkudo couvrait les dégâts causés par le séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter suivi du tsunami sur la côte est du Japon. Trois jours après cette catastrophe, il se trouvait dans la ville d’Ishinomaki. Cette femme jusqu’alors inconnue se détachait, immobile, dans ce paysage d’apocalypse.

Yuko Sugimoto, l'icone du séisme japonaisDe droite à gauche : le photographe Joe Isawa, le photographe Tadashi Ohkudo, la traductrice japonaise, Yuko Sugimoto et son fils Raïto, Caroline Laurent-Simon journaliste. Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson

 

Cette photo a traversé les continents et a été publiée dans le monde entier, symbolisant l’ampleur de la tragédie japonaise. Elle a fait aussi la couverture de Paris Match en mars 2011. Ce magazine a voulu savoir qui se cachait derrière le code « blanket woman » (la femme couverture) donné par Paris Match. Le photographe Joe Isawa, originaire de la même ville, a retrouvé la trace de cette femme.

Elle s’appelle Yuko Sugimoto. Lorsque la photo a été prise, elle recherchait encore son enfant de cinq ans avec son mari. Entre temps, le petit garçon, Raïto, avait été mis à l’abri sur la toiture de son école.

Invitée à Visa pour l’image, le festival du photojournalisme de Perpignan, Yuko Sugimoto a expliqué qu’elle n’avait pas été contente de se retrouver sur cette photo. Ce n’est qu’en France qu’elle a pris conscience de la portée de celle-ci. Si ce cliché peut encourager à venir en aide au Japon, je suis fière d’être sur cette photo, a-t-elle déclaré.

Yuko Sugimoto a gagné à la loterie et elle pourra emménager dans une maison préfabriquée, mais ses parents continueront à vivre dans un gymnase.

Nous ne saurons pas ce que ce voyage à Perpignan, organisé par Paris Match, aura apporté à Yuko Sugimoto et à sa famille mais le buzz aura marché.

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VISA POUR L’IMAGE

Ainsi s’achève la semaine professionnelle du 22e festival international du photojournalisme VISA POUR L’IMAGE de Perpignan.

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Exposition des photographies de Marie Clauzade intitulées « my name is Vijai  Ahmedabad (Inde) » sur la Têt à Perpignan pendant le festival Visa pour l’Image – crédit photographique : © Véronique Samson

Selon Jean François Leroy, le festival Visa pour l’Image 2010 est un cru exceptionnel.

25 photojournalistes étaient exposés dans toute la ville, dont 3 femmes brillantes : Andrea Star Reese, Gali Tibbon et Stephanie Sinclair. Quelques photographes femmes ont été également présentées lors des traditionnelles projections nocturnes et elles ont obtenu des prix : prix Getty Images pour 3 femmes (et 3 hommes), et le Visa d’or pour la catégorie Magazine pour Andrea Star Reese et son reportage Urban Cave, des hommes et des femmes SDF à New York.

Bien sûr les photographies impressionnantes des conflits, des guerres et des catastrophes ont pris énormément de place. Mais le reportage de Guillaume Herbaut sur le trafic des métaux à Tchernobyl n’est pas passé inaperçu et celui de Munem Wasif sur la foi au Pakistan était assez touchant.

Depuis une semaine les photographes professionnels ont investi la ville de Perpignan. Après leur départ, c’est un public plus large qui va pouvoir découvrir les reportages. A plusieurs reprises, le public a mentionné se trouver un peu à l’écart des festivités des professionnels. Certains ont regretté de ne pas pouvoir échanger plus amplement avec les photographes professionnels, la sphère serait assez fermée et l’accueil pour les non professionnels inexistant. Badges et soirées privées ne facilitent pas nécessairement le brassage des idées.

Alors en attendant la 23e édition de Visa pour l’Image, bon reportage à vous toutes et à vous tous.