Archives mensuelles : mars 2011

LA PARITE FEMME HOMME – UNE REALITE ou UN SIMPLE SOUHAIT ?

Comme tout colloque, celui qui a eu lieu à l’université de Toulouse sur le thème de l’égalité – parité n’a pas dérogé à la règle des allocutions d’ouverture.

Tous les représentants de la ville, du canton, de la région, de l’université, étaient bien là pour lancer le débat et la question sur l’égalité – parité – une nouvelle approche de la démocratie ?, ceci dans le cadre du fameux rendez-vous annuel de« la journée des femmes » organisé par l’université de Toulouse 1 Capitole.

colloque parité egalite femme homme
De gauche à droite : Ghazi Gherairi, Secrétaire général de l’AIDC, Pierre Izard, Président du Conseil Général de Haute Garonne, Pierre Cohen, Député-Maire de la ville de Toulouse, Bruno Sire, Président de l’Université Toulouse 1 Capitole, Nadia Pellefigue, Conseillère à l’égalité femme-homme Région Midi-Pyrénées, Alexis Massard Vice-Président de l’Université Catholique de Lille. Crédit photographique : © Véronique Samson

Une surprise, un étonnement, un léger agacement semblait planer dans l’amphithéâtre de l’université…En effet, sur le programme d’ouverture : sept intervenants hommes ! L’un n’a pu venir, l’autre s’est également excusé et s’est fait remplacer. Restaient donc six personnes à la tribune, dont une seule femme ! Soyons donc reconnaissant(e)s à Martin Malvy, Président de la Région Midi-Pyrénées, qui au dernier moment a laissé sa place à Nadia Pellefigue.

Nadia Pellefigue
Nadia Pellefigue est Conseillère régionale à l’égalité femme-homme pour la Région Midi-Pyrénées. Crédit photographique : © Véronique Samson

Quelles sont les objectifs de Nadia Pellefigue ?

Un travail de longue haleine et de sensibilisation doit être entrepris pour être exemplaire et obtenir dans deux ans un label « égalité ». Si le budget « femme-homme » n’a pas été amputé, elle ne dispose que peu de temps pour obtenir les résultats escomptés. La mandature est courte, elle court de 2010 à 2014.

Deux axes sont privilégiés : premièrement, sensibiliser les agents régionaux aux questions du développement durable et à l’égalité; deuxièmement sensibiliser la jeunesse, notamment dans les lycées, pour combattre les inégalités et la violence.

Pour cela les moyens mis en œuvre sont des journées de formation du personnel, notamment pour ceux et celles qui gèrent la passation de marchés publics. Il s’agira de vérifier que les entreprises retenues, font des efforts réels en matière de développement durable et d’égalité femme-homme. Quant aux agents en charge de l’octroi de subventions, ils-elles acquerront le réflexe de vérifier que les structures retenues produisent des efforts particuliers.

Enfin, pour sensibiliser la jeunesse, une exposition réalisée conjointement avec une dessinatrice-caricaturiste, des associations et la Région devrait circuler dans les lycées.

Espérons qu’en 2012, nous puissions entendre à cette tribune d’ouverture trois femmes et trois hommes, afin que la parité soit bien réelle dans le métier de la représentation aussi !

Publicités

EGALITE DE DROIT ? EGALITE DE FAIT ?

Conscient des disparités qui existent entre les femmes et les hommes, tant sur le plan du chômage, des salaires, de l’accès aux responsabilités économiques ou politiques, Pierre Cohen, Maire de Toulouse, présente aujourd’hui son plan toulousain pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale pour 2011-2014.

Pierre Cohen, plan égalité parité,

Toulouse, le 7 mars 2011, Pierre Cohen présente son plan pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale toulousaine dans le cadre du colloque « Egalité-Parité, une nouvelle approche de la démocratie ? De gauche à droite : Giselle Verniole (1re adjointe au maire de Toulouse), Madeleine Dupuis (Conseillère déléguée à l’égalité Femme-Homme), Saliha Mimar (Déléguée aux PME et TPE innovantes), Pierre Cohen (Maire de Toulouse). Crédit photographique : © Véronique Samson

La Commission Extra Municipale « Egalité hommes femmes dans la cité », créée le 21 novembre 2008, a choisi trois axes de travail :

  • 1 axe : la place des femmes dans la cité : améliorer les rythmes de vie et mieux concilier travail, vie privée et vie familiale.Moyen d’action : développement du mode de garde des enfants, création de mille places d’accueil en crèche…
  • 2e axe : la lutte contre les violences faites aux femmes.Moyen d’action : mise à disposition de 10 logements autonomes pour des femmes ayant subi des violences, le temps qu’elles se stabilisent et retrouvent un rythme de vie normal…
  • 3e axe : l’éducation et la formation à l’égalité.

Moyen d’action : lancement d’un prix du livre jeunesse égalitaire décerné par les enfants siègants au Conseil Municipal des Enfants, sensibilisation à l’égalité femme-homme auprès des jeunes et auprès des encadrants, promotion de l’égalité de genre dans les programmes de coopération internationale…

Pierre Cohen nous redonne des chiffres qui en disent long et qui sont à méditer :

  • 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes
  • dans le domaine des loisirs, seuls 17 % des licenciés toulousains sont des femmes
  • 3 femmes meurent chaque semaine sous les coups de leur compagnon
  • 1 femme sur 10 est victime d’un conjoint violent.

Ces chiffres nous font frémir. Nous sommes au XXIe siècle et entamons la deuxième décade; le chemin de l’égalité femme-homme est encore bien long !

HONNEURS AUX FEMMES

Dans le cadre des forums qui ont lieu actuellement en France sur la parité Femmes Hommes, Elisabeth Guigou est aujourd’hui à Toulouse.

Elisabeth GuigouToulouse, le 7 mars 2011. Elisabeth Guigou ancienne ministre de la solidarité (jusqu’en 2002), première Garde des Sceaux femme, elle est élue au parlement européen et fait partie d’un groupe franco-marocain. Elle prononce un discours inaugural à l’université de Toulouse dans le cadre d’un colloque sur la parité et l’égalité – une nouvelle approche de la démocratie. Crédit photographique : © Véronique Samson

Elle a rappelé que les femmes françaises ont obtenu le droit de vote 36 ans après les femmes turques. Après ce petit clin d’œil discret à Nicolas Sarkozy, elle a évoqué « un vice planté au cœur du système de représentation » qui perdure encore aujourd’hui.

Pour elle, la seule façon d’être cohérent au moment de la réforme constitutionnelle, c’est bien d’imposer la parité 50/50. Il ne s’agit pas de quota, car pour elle nous ferions fausse route.

Mais quelles sont les actions à mener pour introduire cette parité ?

D’une part, il s’agit d’abroger les lois antiparités. En cela, le parti socialiste s’y engage s’il gagne aux élections de 2012.

D’autre part, il faut proposer une loi refusant tout financement public aux partis qui ne respecteraient pas la parité lors de la présentation de candidats aux élections. Actuellement, les partis politiques préfèrent payer des pénalités, nous dit-elle (l’UMP : 4 millions d’euros d’amende, le PS : 500 000 euros).

Il s’agit également de supprimer le cumul des mandats et des rémunérations, mais là elle avoue qu’il faut du courage et de la lucidité pour s’attaquer à ce sujet.

Enfin, elle propose de réserver des circonscriptions aux femmes, notamment celles qui sont gagnables. Or actuellement, si une femme est présentée, elle est certes candidate mais elle n’est pas élue, car bien souvent la circonscription est perdue d’avance. Il ne s’agit donc pas d’avoir uniquement des candidates mais bien des femmes élues qui pourront évoluer dans la sphère politique. Si en Haute Garonne, les femmes sont représentées à 50 %, ce n’est pas le cas partout en France.

Il faut malheureusement constater que dans la société de 2011, l’égalité Femme-Homme n’existe pas. Les femmes ont toujours des difficultés à accéder à des postes de responsabilité. Il existe encore des inégalités des salaires et elles sont bien souvent dans la précarité, puisque dans les familles mono-parentales, ce sont elles qui ont la charge des enfants. Sur le plan de l’IVG, on constate une diminution du nombre des planning familiaux.

Si nous voulons changer cet état de fait et imposer la parité Femme-Homme, il va bien falloir que les femmes prennent leur destin en main. Regardons l’évolution des pays actuellement, tout est possible !