Archives de Catégorie: reportage

Gazon volant : d’étranges sculptures

Cette année, la ville de Rennes se met au vert pendant quelques mois. C’est dans le merveilleux jardin du Thabor que l’on peut voir l’installation paysagère de Laurence de Leersnyder, produite et présentée par 40mcube.

Dans son exposition intitulée « Perspective de fuite à l’anglaise », l’artiste propose sept sculptures volantes. Ce sont sept plaques de gazon qui se déforment, ondulent et décollent, laissant au sol une empreinte de terre.

Avec cette envolée de verdure, l’artiste provoque l’étonnement et la curiosité des visiteurs. Est-ce réellement de la pelouse ou est-ce du gazon artificiel ? La tentation est forte d’enfreindre la pancarte « pelouse interdite » pour aller vérifier la matière. Mais méfiez-vous car le gardien du parc vous chassera et vous ne pourrez pas vous échapper sur ces oniriques gazons volants.

Le gazon volant

Sculpture de Laurence de Leersnyder. Crédit photographique : © 2017 Véronique Samson
« Perspective de fuite à l’anglaise » – acier, terre et gazon artificiel – à voir au jardin du Thabor de Rennes jusqu’au 30 septembre 2017.
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Sorti de rien – un récit d’Irène Frain

Sorti de rien est une expression communément utilisée par ceux et celles qui méconnaissent la richesse du monde du rien, si cher au cinéaste Ozu. Mu, le rien constant, est l’épitaphe qu’il a choisi. Rien, c’est aussi comme si on vous disait que votre merveilleux jardin occupait désormais une ancienne friche, où il n’y avait rien. Or c’est faire abstraction de la vie souterraine avec ses millions d’animaux transformant la terre et ces milliards de graines qui n’attendent qu’à pousser. C’est aussi balayer d’un revers de main le genius loci. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas les choses, qu’elles n’existent pas.

Irne Frain

Invitée par la bibliothèque Lucien Rose de Rennes, Irène Frain, écrivain et journaliste, converse devant un public de lectrices. Radieuse, lumineuse, elle jongle avec les mots.
Crédit photographique : © 2017 Véronique Samson

 

Sorti de rien, c’est aussi le récit tramé, tissé savamment par Irène Frain. Telle une archéologue, elle fouille la mémoire du lieu, la mémoire familiale. Elle enquête prudemment, soigneusement et rassemble les fragments épars, distillés goutte à goutte par un père taiseux pour reconstituer son héritage, voire corriger une version faussée par la honte et la fierté. Dans une Bretagne peuplée de blancs, de rouges et de noirs, l’auteur nous fait humer la terre humide, le bois et la brume. Elle fait jaillir de la mémoire des personnages forts, qui ont développé une capacité de résilience phénoménale pour faire face aux clivages de l’époque, entre ceux qui vivent sur la bonne rive du Stang Ihuern et ceux du mauvais côté. Irène Frain, porte parole des réprouvés, des exclus, des méprisés, nous livre ici encore un récit sensible, profond et fascinant. Elle nous fait partager ses secrets de famille avec élégance et grâce.

Sorti de rien, Irène Frain – publié au Seuil, 2013

A lire aussi : Les Naufragés de l’île Tromelin, publié chez Lattes, 2009

 

Le glyphosate et le cancer

 

Le lobby de l’industrie chimique semble avoir réussi son coup : rétablir une situation qui lui était préjudiciable en terme de bénéfice financier ou autrement dit, continuer à vendre le glyphosate, principe actif du Round Up dans le monde entier. L’ECHA, l’Agence européenne des produits chimiques a déclaré mercredi 15 mars 2017 que le glyphosate n’est pas cancérigène contrairement aux recherches de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et à celles de l’Agence Internationale de la Santé pour la Recherche sur le Cancer (IARC)

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Abeille butinant – Crédit photographique : © 2017 Véronique Samson.

 

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde. Répandu sur les champs et dans les nappes phréatiques, c’est un des composants que vous retrouvez dans vos assiettes ou dans vos verres, sans parler des particules que vous respirez. La lutte des chimistes et lobbistes a eu raison des préconisateurs du principe de précaution et de notre santé.

L’autoroute de l’argent gagné en polluant la planète est-elle désormais grande ouverte ? Devons nous en restez là et regardez les pollueurs continuer ce biocide ? La justice américaine a révélé qu’il y a eu des connivences entre Monsanto et l’EPA, l’Agence de Protection de l’Environnement. Alors gardons espoir pour que le bonheur soit réellement dans le pré pour nous et pour les générations futures !

 

Pour en savoir plus :

l’article du Monde de 2015 de Stéphane Foucart : Le désherbant Roundup classé cancérogène

Pour s’impliquer avec les 84 810 signataires à ce jour : la pétition

Cinéma « The Eichmann show »

 

Nous sommes en Argentine, à Buenos Aires. Ricardo Klement vit paisiblement bien que repéré dès son arrivée en 1950.

Ce n’est que dix ans plus tard que le vent tourne pour alias Klement. L’homme est en réalité Adolf Eichmann, ancien officier SS de l’Allemagne nazie. Le 11 mai 1960, le Mossad l’enlève. Drogué et à demi conscient, il vole vers Israel afin d’être jugé à Jérusalem (1). Ce n’est ni un tribunal allemand, ni une cour internationale qui va donc entendre Eichmann (2). Celui-ci est défendu par Robert Servatius, avocat allemand de Cologne, choisi par la famille d’Eichmann. Cependant la famille ne peut payer qu’une somme modeste et les honoraires seront finalement payés par le gouvernement israélien, le gouvernement allemand ayant refusé de couvrir les frais du procès. A l’issue d’un procès, qui va durer quatre mois, et au cours duquel 110 témoins vont raconter publiquement leur arrestation, leur captivité, leur souffrance, leur torture, il est reconnu coupable de crimes contre le peuple juif (3), contre l’humanité, crimes de guerre et appartenance à des organisations ennemies. Il est condamné à mort par pendaison. La sentence est exécutée dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1962. Afin de faire disparaître toute trace du criminel nazi, une crémation du corps a lieu et les cendres sont jetées à la mer, au large des côtes mais au delà des eaux territoriales israéliennes.

Le procès Eichmann qui s’est déroulé du 11 avril au 14 août 1961 à Jérusalem a été suivi par des millions de personnes à travers 37 pays, grâce à la télévision. C’était la première fois qu’un procès d’une telle envergure était filmé et diffusé dans le monde entier. Chaque jour, des extraits d’enregistrement étaient acheminés par avion aux Etats Unis. Comment cela a pu être possible ? C’est ce que nous propose le film de Paul Andrew Williams, intitulé « The Eichmann show  – le procès d’un responsable nazi » dans lequel il entrelace savamment des images d’archive et sa fiction.

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Affiche du film « The Eichmann Show » – photographie de Stefan Hill (2015)

Williams retrace le travail de la société américaine, Capital Cities Broadcasting Corporation, qui avait obtenu un contrat d’exclusivité pour l’enregistrement intégral des audiences.  Milton A. Fruchtman (producteur américain), Leo Hurwitz (réalisateur blacklisté par le maccarthysme) et de leur équipe. Ils ont filmé les audiences pendant quatre mois. Comment ont-ils travaillé ? Où étaient placées les caméras ? Qui sélectionnait les prises et laquelle des quatre caméras était préférée pour transmettre soit les accusations du procureur Gideon Hausner (4), soit les réactions des juges, celles d’Eichmann ou des victimes qui ont échappé à l’holocauste ? Williams a donné un angle très intéressant : filmer ceux qui filmaient le procès.

C’est en persuadant David Ben Gourion, Premier Ministre à l’époque, et les juges que Fruchtman pourra installer ses caméras dans la salle d’audience (5). Cachées dans une double paroi, elles répondaient alors aux inquiétudes (trop voyantes, trop bruyantes) qui avaient mené au premier refus. Fruchtman savait qu’il ne pouvait y avoir un deuxième refus. Par ailleurs, il savait aussi que cette télédiffusion allait faire date dans l’Histoire et qu’il fallait absolument faire entendre la voix des rescapés de l’holocauste, si longtemps étouffée, peu ou pas écoutée voire mise en doute. Malgré les menaces de mort et l’audimat plus captivé par le voyage de Gagarin dans l’espace et l’invasion des Américains à Cuba dans la Baie des Cochons, Fruchtman ne se décourage pas. Il surmonte les problèmes. Son but : capter scrupuleusement les réactions d’Eichmann, enfermé dans son box vitré et blindé et les montrer à la face du monde. Filmer afin que le dialogue soit entamé partout, car la barbarie est l’affaire de tous et il nous faut « apprendre ». Hurwitz veut absolument saisir le moment où Eichmann va détourner un regard face à l’horreur indicible qu’il a perpétré, montrer une réaction, aussi infime soit elle. Or, l’équipe télévisée filme l’impassibilité de ce bourreau cravaté aux allures de monsieur tout-le-monde, tordant à peine une lèvre en regardant les images insoutenables. Williams filme les réactions de l’équipe, le malaise qui s’installe au fil des jours, les tensions entre Fruchtman et Hurwitz, rôles superbement interprétés par Martin Freeman et Anthony LaPlagia.

En 1961, si la caméra devait être le prolongement des yeux d’Hurwitz afin que nous puissions « apprendre », aujourd’hui la caméra de Williams nous replonge dans une époque qui nous fait encore frissonner d’horreur. Mais par delà les émotions que ce film suscite, nous devrions nous interroger, si nous avons réellement compris et appris de ce procès. D’autres bourreaux, d’autres tortionnaires agissent actuellement en toute impunité. Pire encore, nous savons, nous voyons, mais il ne se passe rien.

Sorti en 2016, ce film a été commandé par la BBC pour le 70e anniversaire des commémorations de la libération des camps d’Auschwitz et Birkenau.

Le Peabody Award a été décerné à Milton Fruchtman pour la production de son film sur le procès d’Eichmann en 1961.

 

Notes

(1) « L’accusé Eichmann a été enlevé dans une rue de Buenos Aires, le 11 mai 1960. Il a été maintenu prisonnier durant neuf jours dans une villa un peu isolée de la capitale argentine. Le 20 mai, revêtu d’un uniforme de steward d’El Al, il est emmené vers un avion de la compagnie. Il est drogué et passe les contrôles de police locaux soutenu par ses « collègues » comme s’il était en état d’ébriété. Le lendemain Eichmann arrive en Israël. »

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 162-163

(2) « Il reste que le jugement d’Eichmann en Israël s’impose, en particulier compte tenu du fait qu’aucun pays ne demanda son extradition (l’Allemagne fédérale s’en est soigneusement abstenue, nonobstant les éventuelles difficultés techniques d’une procédure d’extradition, en l’absence de traité entre les deux pays). De plus, aucun procès de responsables de la Shoah n’avait encore été organisé. A Nuremberg, la question de l’extermination des Juifs était presque totalement absente, elle n’apparut alors que comme un appendice de l’ensemble jugé. »

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 63

« Cette inexistence d’un tribunal international est d’ailleurs l’une des raisons qui, en 1960, au moment de la capture d’Eichmann, ont amené de nombreux observateurs à accepter la légitimité de la compétence d’un tribunal israélien. Il fallut ensuite attendre plusieurs décennies pour que des organes juridictionnels internationaux se missent en place : le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie, le tribunal pour le Rwanda et enfin, en 1998, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. »

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 183-184

(3) Adolf Eichmann est accusé comme suit :

Détail du crime :

(a) en collaboration avec d’autres personnes, l’accusé a, durant la période de 1939 à 1945, causé la mort de millions de Juifs, en sa capacité de responsable de l’exécution du plan nazi connu comme « la solution finale du problème juif ».

(b) Immédiatement après le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, l’accusé a été nommé chef du département de la Gestapo à Berlin, dont la tâche était de localiser, déporter et exterminer les Juifs d’Allemagne et des autres pays de l’Axe, ainsi que les Juifs des pays occupés.

c) Les instructions pour l’exécution du plan d’extermination en Allemagne étaient données par l’accusé, directement aux commandants locaux de la Gestapo, alors qu’à Berlin, Vienne et Prague, les instructions étaient données par l’accusé aux autorités centrales dont l’accusé était personnellement responsable jusqu’à leur liquidation vers la fin de la Seconde Guerre mondiale.

(f) En collaboration avec d’autres personnes, l’accusé a assuré l’extermination des Juifs avec – entre autres moyens – leur meurtre dans des camps de concentration dont le but était l’extermination de masse, les camps les plus importants étant :

– Auschwitz : des millions de Juifs furent exterminés dans ce camp entre 1941 et la fin du mois de janvier 1945, dans des chambres à gaz, des crématoires, ainsi que par la pendaison ou l’exécution par balles. L’accusé a ordonné au commandant du camp d’utiliser le gaz connu comme Zyklon B. En 1942 et 1944, l’accusé a assuré l’approvisionnement d’une quantité de gaz pour l’extermination des Juifs.

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 84-85

(4) Gideon Hausner est connu pour son réquisitoire dont voici un extrait :

« Me trouvant devant vous, juges d’Israël, pour mener l’accusation d’Adolf Eichmann, je ne suis pas seul. A mes côtés se trouvent six millions d’accusateurs. Mais ils ne peuvent pas se lever ni pointer un doigt accusateur vers celui qui est assis ici et crier « j’accuse », et cela parce que leurs cendres sont entassées dans les collines d’Auschwitz et les champs de Treblinka, elles sont répandues dans les forêts de Pologne. Leurs tombes sont dispersées dans toute l’Europe. Leur sang crie, mais leurs voix ne peuvent être entendues. C’est pourquoi je parlerai pour eux et c’est en leur nom que je vais présenter ce terrible acte d’accusation. »

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 87

(5) « Il fallait une salle appropriée au procès : or à l’époque, il n’y en avait pas…A cette époque, la municipalité avait projeté et entamé la construction d’une salle de théâtre de 750 places, dont l’achèvement fut accéléré : Beth Haam, « la maison du peuple ». C’est donc le procès Eichmann qui allait inaugurer cette salle. La cour fut placée sur l’estrade, et le public dans la salle et au balcon. A ceux qui avancèrent que l’on se croyait au théâtre, il est facile de répondre que cette salle, effectivement conçue comme une salle de théâtre, n’avait été que provisoirement affectée à une autre fonction. »

Source : Claude Klein, « Le cas Eichmann – vu de Jérusalem » – page 73-74

 

Pour en savoir plus :

Henry Rousso, « Réflexions sur un procès historique », introduction à H. Rousso (dir), Juger Eichmann, Jérusalem, 1961, Paris, Mémorial de la Shoah, 2011.

 

Barbara Stangneth, Eichmann vor Jerusalem

Hanna Yablonka, The state of Israel vs Adolf Eichmann, 2001

lien avec le site de Stefan Hill, le photographe du film : http://www.steffanhill.com/index/I0000PFlDjc1UT4w

Le glyphosate – OMS versus EFSA

La Commission Européenne a décidé de reconduire l’autorisation du glyphosate, communément appelé Round Up. Cet herbicide est le plus utilisé sur toute la planète. Des tonnes sont répandues chaque jour dans la nature, dans l’air et sur la terre.

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Abeille butinant dans une rose trémière. Crédit photographique : © 2015 Véronique Samson.

 

Son interdiction devait avoir lieu en juin 2016 étant donné que la substance est potentiellement cancérigène et entraînerait des perturbateurs endocriniens selon l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé. Certains membres de la Communauté Européenne ont demandé la révision du classement du glyphosate et son interdiction. Mais l’agence EFSA, European Food Safety Authority, déclare qu’il n’est pas cancérigène. La bataille des agences et des experts continue donc et rien ne se passe.

Bien que le principe de précaution soit invoqué, l’utilisation du glyphosate est reconduite jusqu’en fin 2017. Une pétition circule actuellement, plus de 84 000 signataires ont alerté les ministres de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

Pour que la biodiversité puisse être source d’émerveillement pour les générations futures, il faut agir !

 

Pour en savoir plus, écouter le débat de la Commission Européenne

Amour et tolérance, selon Trump

Dans le tourbillon qui fait vaciller nos pays actuellement, la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste programmée le 27 janvier à travers le monde, est passée presque inaperçue. Cette journée correspond à la libération du camp d’Auschwitz. Elle a été instaurée par une déclaration des Nations Unies le 21 novembre 2005.

Si la presse n’en a pas parlé, voici la déclaration de Donald Trump sur le site de la Maison Blanche, la dernière phrase est édifiante !

« Prise de position du Président en cette journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

C’est avec le cœur lourd et l’esprit triste que nous commémorons et honorons les victimes, les survivants, les héros de l’Holocauste. Il est impossible de comprendre pleinement la dépravation et l’horreur infligées à des innocents par la terreur nazie.

Cependant, nous savons que dans les heures les plus sombres de l’humanité, la lumière éclairent les plus brillants. Tout comme nous nous souvenons de ceux qui sont morts, nous éprouvons une profonde gratitude envers ceux qui ont risqué leur vie pour sauver les innocents.

Au nom de ceux qui ont péri, je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pendant la Présidence et au cours de ma vie, pour assurer que les forces du démon ne battront pas les puissances du bien. Ensemble, nous généraliserons l’amour et la tolérance à travers le monde. »

La réponse de la Coalition républicaine juive aux USA à la lecture du communiqué de Donald Trump ne s’est pas faite attendre. Selon le quotidien Haaretz du 30 janvier 2017, « le fait que la Maison Blanche ne mentionne pas les souffrances du peuple juif pendant l’Holocauste est une omission malheureuse ». Trump risque de se mettre à dos une partie de la société américaine, une de plus, voire beaucoup d’opposants dans d’autre pays.

On peut effectivement se poser la question de « l’amour et de la tolérance à travers le monde » selon Donald Trump, surtout après le décret contre l’immigration signé le même jour !

Non seulement des millions de manifestantes et manifestants se sont rassemblés au cours de la Women’s march du samedi 21 janvier à travers le monde entier mais des manifestations ont eu lieu samedi et dimanche 28 et 29 janvier après la promulgation d’un décret contre l’immigration de ressortissants des pays suivants : Iran, Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan et le Yémen, incluant les détenteurs de Green Card. Les manifestants sont sortis dans les rues et dans les aéroports.

Cette loi anti immigration est la preuve que Trump n’a retenu ni les leçons de l’Histoire, ni celles de l’holocauste. Il aurait dû écouter les souvenirs de la grand-mère de son gendre, qui a fuit l’holocauste.

Suite à cette loi, plus d’1,6 millions de Britanniques ont signé une pétition pour refuser la visite présidentielle de Donald Trump sur leur territoire.

Les scientifiques heurtés par la nomination de Scott Pruitt le 8 décembre 2016 pour diriger l’Agence de protection de l’environnement (EPA), climato-sceptique notoire, préparent eux aussi leur marche. La page web sur le changement climatique de l’administration Obama a tout simplement été archivée sur le site de la Maison Blanche. La marche des scientifiques va rappeler au nouveau président que les changements climatiques sont bien des faits. Il est vrai qu’actuellement il est difficile pour l’administration Trump de définir le terme « fait » (fact en anglais). Elle a engagé une bataille avec les médias concernant les « alternativ facts« ,  ou faits alternatifs, caractérisés tout simplement comme des mensonges par Chuck Todd journaliste à NBC.

Comme nous le constatons, il va être bien difficile à Donald Trump de déclencher de l’amour et de la tolérance, comme promis dans son communiqué pour commémorer la journée internationale de l’holocauste ! Pire encore, c’est son sérieux et sa crédibilité qui sont en jeu.

 

A lire aussi l’article du Guardian sur les critiques formulées par la grand-mère du gendre de Donald Trump, Rae Kushner, sur le refus des Etats Unis d’accueillir les migrants juifs pendant la seconde guerre mondiale.

https://www.theguardian.com/us-news/2017/jan/31/jared-kushner-grandmother-refugee-holocaust

LE MUR DE TRUMP : une mane pour quelques entreprises

Une semaine de présidence Trump et déjà des décrets. Donald Trump n’a pas chômé.

En autres, il décrète la « construction immédiate d’un mur physique» sur le frontière américano-mexicaine pour stopper l’immigration illégale et prévenir les actes terroristes. Il reprend donc le projet de 2005 puis abandonné par l’administration Obama.

Construit en Arizona sur 85 km, il a déjà coûté 1 milliard de dollars. Après cinq ans de construction, l’Etat a jeté l’éponge en 2011. Trop cher pour le contribuable. Mais quelle aubaine pour les entreprises !

« Boeing et son équipe avait construit un système compliqué constitué de capteurs, de radars et de caméras montés sur des tours afin que les gardes frontaliers puissent trouver les personnes qui entrent illégalement dans le pays. Le système fonctionnait de manière irrégulière…» rapporte le NY Times.

Mais à qui a bien pu profiter cette construction ? Les grands gagnants sont Boeing (2e entrepreneur fédéral), Wackenhut Corporation (société de sécurité) qui s’appelle maintenant G4S Secure Solutions, IBM et Man Tech International. Selon le NYT, ces quatre dernières entreprises auraient déjà empoché 218 millions de dollars dans cette opération et ce, en employant de la main d’oeuvre bon marché et illégale.

Il est clair que le décret présidentiel du 24 janvier 2017 sur les projets d’infrastructure à haute priorité tels l’amélioration du réseau électrique américain et des systèmes de télécommunication, la réparation et la modernisation des installations portuaires et aéroportuaires, oléoducs, ponts et autoroutes va attirer la convoitise de quelques sociétés.

Sachant que la frontière entre la Californie et le Texas s’étend sur environ 3 200 km, il est évident que ce projet enflamme certains. Le sénateur Micht McConnell a averti : « le Congrès construira le mur… les coûts sont estimés entre 12 et 15 milliards de dollars« . Or, une autre étude, menée par le M.I.T* donne le chiffre de 40 milliards pour un mur en béton armé de 12 m de haut et ce pour un linéaire d’environ 1 600 km.

On comprend maintenant pourquoi ce projet tient tant à coeur: il y a beaucoup beaucoup d’argent à gagner !

*MIT : Massachusetts Institute of Technologie. Cet institut est une université et un institut de recherche, spécialisé dans le domaine de la science et de la technologie.