Le glyphosate et le cancer

 

Le lobby de l’industrie chimique semble avoir réussi son coup : rétablir une situation qui lui était préjudiciable en terme de bénéfice financier ou autrement dit, continuer à vendre le glyphosate, principe actif du Round Up dans le monde entier. L’ECHA, l’Agence européenne des produits chimiques a déclaré mercredi 15 mars 2017 que le glyphosate n’est pas cancérigène contrairement aux recherches de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et à celles de l’Agence Internationale de la Santé pour la Recherche sur le Cancer (IARC)

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Abeille butinant – Crédit photographique : © 2017 Véronique Samson.

 

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde. Répandu sur les champs et dans les nappes phréatiques, c’est un des composants que vous retrouvez dans vos assiettes ou dans vos verres, sans parler des particules que vous respirez. La lutte des chimistes et lobbistes a eu raison des préconisateurs du principe de précaution et de notre santé.

L’autoroute de l’argent gagné en polluant la planète est-elle désormais grande ouverte ? Devons nous en restez là et regardez les pollueurs continuer ce biocide ? La justice américaine a révélé qu’il y a eu des connivences entre Monsanto et l’EPA, l’Agence de Protection de l’Environnement. Alors gardons espoir pour que le bonheur soit réellement dans le pré pour nous et pour les générations futures !

 

Pour en savoir plus :

l’article du Monde de 2015 de Stéphane Foucart : Le désherbant Roundup classé cancérogène

Pour s’impliquer avec les 84 810 signataires à ce jour : la pétition

Cinéma « The Eichmann show »

 

Nous sommes en Argentine, à Buenos Aires. Ricardo Klement vit paisiblement bien que repéré dès son arrivée en 1950.

Ce n’est que dix ans plus tard que le vent tourne pour alias Klement. L’homme est en réalité Adolf Eichmann, ancien officier SS de l’Allemagne nazie. Le 11 mai 1960, drogué et à demi conscient, il vole vers Israel afin d’être jugé à Jérusalem. Ce n’est ni un tribunal allemand, ni une cour internationale qui va donc entendre Eichmann. A l’issue d’un procès, qui va durer quatre mois, il est reconnu coupable de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes contre les Polonais, les Slovaques et les Tsiganes. Il est condamné à mort par pendaison.

Le procès Eichmann qui s’est déroulé du 11 avril au 14 août 1961 à Jérusalem a été suivi par des millions de personnes à travers 37 pays, grâce à la télévision. C’était la première fois qu’un procès d’une telle envergure était filmé et diffusé dans le monde entier. Comment cela a pu être possible ? C’est ce que nous propose le film de Paul Andrew Williams, intitulé « The Eichmann show  – le procès d’un responsable nazi » dans lequel il entrelace savamment des images d’archive et sa fiction.

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Affiche du film « The Eichmann Show » – photographie de Stefan Hill (2015)

Williams retrace la captation de Milton A. Fruchtman (producteur américain), Leo Hurwitz (réalisateur blacklisté par le maccarthysme) et de leur équipe. Ils ont filmé les audiences pendant quatre mois. Comment ont-ils travaillé ? Où étaient placées les caméras ? Qui sélectionnait les prises et laquelle des quatre caméras était préférée pour transmettre soit les accusations du procureur Gideon Hausner, soit les réactions des juges, celles d’Eichmann ou des victimes qui ont échappé à l’holocauste ? Williams a donné un angle très intéressant : filmer ceux qui filmaient le procès.

C’est en persuadant David Ben Gourion, Premier Ministre à l’époque, et les juges que Fruchtman pourra installer ses caméras dans la salle d’audience. Cachées dans une double paroi, elles répondaient alors aux inquiétudes (trop voyantes, trop bruyantes) qui avaient mené au premier refus. Fruchtman savait qu’il ne pouvait y avoir un deuxième refus. Par ailleurs, il savait aussi que cette télédiffusion allait faire date dans l’Histoire et qu’il fallait absolument faire entendre la voix des rescapés de l’holocauste, si longtemps étouffée, peu ou pas écoutée voire mise en doute. Malgré les menaces de mort et l’audimat plus captivé par le voyage de Gagarin dans l’espace et l’invasion des Américains à Cuba dans la Baie des Cochons, Fruchtman ne se décourage pas. Il surmonte les problèmes. Son but : capter scrupuleusement les réactions d’Eichmann, enfermé dans son box vitré et blindé et les montrer à la face du monde. Filmer afin que le dialogue soit entamé partout, car la barbarie est l’affaire de tous et il nous faut « apprendre ». Hurwitz veut absolument saisir le moment où Eichmann va détourner un regard face à l’horreur indicible qu’il a perpétré, montrer une réaction, aussi infime soit elle. Or, l’équipe télévisée filme l’impassibilité de ce bourreau cravaté aux allures de monsieur tout-le-monde, tordant à peine une lèvre en regardant les images insoutenables. Williams filme les réactions de l’équipe, le malaise qui s’installe au fil des jours, les tensions entre Fruchtman et Hurwitz, rôles superbement interprétés par Martin Freeman et Anthony LaPlagia.

En 1961, si la caméra devait être le prolongement des yeux d’Hurwitz afin que nous puissions « apprendre », aujourd’hui la caméra de Williams nous replonge dans une époque qui nous fait encore frissonner d’horreur. Mais par delà les émotions que ce film suscite, nous devrions nous interroger, si nous avons réellement compris et appris de ce procès. D’autres bourreaux, d’autres tortionnaires agissent actuellement en toute impunité. Pire encore, nous savons, nous voyons, mais il ne se passe rien.

Sorti en 2016, ce film a été commandé par la BBC pour le 70e anniversaire des commémorations de la libération des camps d’Auschwitz et Birkenau.

Le Peabody Award a été décerné à Milton Fruchtman pour la production de son film sur le procès d’Eichmann en 1961.

Pour en savoir plus :

Henry Rousso, « Réflexions sur un procès historique », introduction à H. Rousso (dir), Juger Eichmann, Jérusalem, 1961, Paris, Mémorial de la Shoah, 2011.

lien avec le site de Stefan Hill, le photographe du film : http://www.steffanhill.com/index/I0000PFlDjc1UT4w

Le glyphosate – OMS versus EFSA

La Commission Européenne a décidé de reconduire l’autorisation du glyphosate, communément appelé Round Up. Cet herbicide est le plus utilisé sur toute la planète. Des tonnes sont répandues chaque jour dans la nature, dans l’air et sur la terre.

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Abeille butinant dans une rose trémière. Crédit photographique : © 2015 Véronique Samson.

 

Son interdiction devait avoir lieu en juin 2016 étant donné que la substance est potentiellement cancérigène et entraînerait des perturbateurs endocriniens selon l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé. Certains membres de la Communauté Européenne ont demandé la révision du classement du glyphosate et son interdiction. Mais l’agence EFSA, European Food Safety Authority, déclare qu’il n’est pas cancérigène. La bataille des agences et des experts continue donc et rien ne se passe.

Bien que le principe de précaution soit invoqué, l’utilisation du glyphosate est reconduite jusqu’en fin 2017. Une pétition circule actuellement, plus de 84 000 signataires ont alerté les ministres de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

Pour que la biodiversité puisse être source d’émerveillement pour les générations futures, il faut agir !

 

Pour en savoir plus, écouter le débat de la Commission Européenne

Amour et tolérance, selon Trump

Dans le tourbillon qui fait vaciller nos pays actuellement, la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste programmée le 27 janvier à travers le monde, est passée presque inaperçue. Cette journée correspond à la libération du camp d’Auschwitz. Elle a été instaurée par une déclaration des Nations Unies le 21 novembre 2005.

Si la presse n’en a pas parlé, voici la déclaration de Donald Trump sur le site de la Maison Blanche, la dernière phrase est édifiante !

« Prise de position du Président en cette journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

C’est avec le cœur lourd et l’esprit triste que nous commémorons et honorons les victimes, les survivants, les héros de l’Holocauste. Il est impossible de comprendre pleinement la dépravation et l’horreur infligées à des innocents par la terreur nazie.

Cependant, nous savons que dans les heures les plus sombres de l’humanité, la lumière éclairent les plus brillants. Tout comme nous nous souvenons de ceux qui sont morts, nous éprouvons une profonde gratitude envers ceux qui ont risqué leur vie pour sauver les innocents.

Au nom de ceux qui ont péri, je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pendant la Présidence et au cours de ma vie, pour assurer que les forces du démon ne battront pas les puissances du bien. Ensemble, nous généraliserons l’amour et la tolérance à travers le monde. »

La réponse de la Coalition républicaine juive aux USA à la lecture du communiqué de Donald Trump ne s’est pas faite attendre. Selon le quotidien Haaretz du 30 janvier 2017, « le fait que la Maison Blanche ne mentionne pas les souffrances du peuple juif pendant l’Holocauste est une omission malheureuse ». Trump risque de se mettre à dos une partie de la société américaine, une de plus, voire beaucoup d’opposants dans d’autre pays.

On peut effectivement se poser la question de « l’amour et de la tolérance à travers le monde » selon Donald Trump, surtout après le décret contre l’immigration signé le même jour !

Non seulement des millions de manifestantes et manifestants se sont rassemblés au cours de la Women’s march du samedi 21 janvier à travers le monde entier mais des manifestations ont eu lieu samedi et dimanche 28 et 29 janvier après la promulgation d’un décret contre l’immigration de ressortissants des pays suivants : Iran, Irak, Syrie, Libye, Somalie, Soudan et le Yémen, incluant les détenteurs de Green Card. Les manifestants sont sortis dans les rues et dans les aéroports.

Cette loi anti immigration est la preuve que Trump n’a retenu ni les leçons de l’Histoire, ni celles de l’holocauste. Il aurait dû écouter les souvenirs de la grand-mère de son gendre, qui a fuit l’holocauste.

Suite à cette loi, plus d’1,6 millions de Britanniques ont signé une pétition pour refuser la visite présidentielle de Donald Trump sur leur territoire.

Les scientifiques heurtés par la nomination de Scott Pruitt le 8 décembre 2016 pour diriger l’Agence de protection de l’environnement (EPA), climato-sceptique notoire, préparent eux aussi leur marche. La page web sur le changement climatique de l’administration Obama a tout simplement été archivée sur le site de la Maison Blanche. La marche des scientifiques va rappeler au nouveau président que les changements climatiques sont bien des faits. Il est vrai qu’actuellement il est difficile pour l’administration Trump de définir le terme « fait » (fact en anglais). Elle a engagé une bataille avec les médias concernant les « alternativ facts« ,  ou faits alternatifs, caractérisés tout simplement comme des mensonges par Chuck Todd journaliste à NBC.

Comme nous le constatons, il va être bien difficile à Donald Trump de déclencher de l’amour et de la tolérance, comme promis dans son communiqué pour commémorer la journée internationale de l’holocauste ! Pire encore, c’est son sérieux et sa crédibilité qui sont en jeu.

 

A lire aussi l’article du Guardian sur les critiques formulées par la grand-mère du gendre de Donald Trump, Rae Kushner, sur le refus des Etats Unis d’accueillir les migrants juifs pendant la seconde guerre mondiale.

https://www.theguardian.com/us-news/2017/jan/31/jared-kushner-grandmother-refugee-holocaust

LE MUR DE TRUMP : une mane pour quelques entreprises

Une semaine de présidence Trump et déjà des décrets. Donald Trump n’a pas chômé.

En autres, il décrète la « construction immédiate d’un mur physique» sur le frontière américano-mexicaine pour stopper l’immigration illégale et prévenir les actes terroristes. Il reprend donc le projet de 2005 puis abandonné par l’administration Obama.

Construit en Arizona sur 85 km, il a déjà coûté 1 milliard de dollars. Après cinq ans de construction, l’Etat a jeté l’éponge en 2011. Trop cher pour le contribuable. Mais quelle aubaine pour les entreprises !

« Boeing et son équipe avait construit un système compliqué constitué de capteurs, de radars et de caméras montés sur des tours afin que les gardes frontaliers puissent trouver les personnes qui entrent illégalement dans le pays. Le système fonctionnait de manière irrégulière…» rapporte le NY Times.

Mais à qui a bien pu profiter cette construction ? Les grands gagnants sont Boeing (2e entrepreneur fédéral), Wackenhut Corporation (société de sécurité) qui s’appelle maintenant G4S Secure Solutions, IBM et Man Tech International. Selon le NYT, ces quatre dernières entreprises auraient déjà empoché 218 millions de dollars dans cette opération et ce, en employant de la main d’oeuvre bon marché et illégale.

Il est clair que le décret présidentiel du 24 janvier 2017 sur les projets d’infrastructure à haute priorité tels l’amélioration du réseau électrique américain et des systèmes de télécommunication, la réparation et la modernisation des installations portuaires et aéroportuaires, oléoducs, ponts et autoroutes va attirer la convoitise de quelques sociétés.

Sachant que la frontière entre la Californie et le Texas s’étend sur environ 3 200 km, il est évident que ce projet enflamme certains. Le sénateur Micht McConnell a averti : « le Congrès construira le mur… les coûts sont estimés entre 12 et 15 milliards de dollars« . Or, une autre étude, menée par le M.I.T* donne le chiffre de 40 milliards pour un mur en béton armé de 12 m de haut et ce pour un linéaire d’environ 1 600 km.

On comprend maintenant pourquoi ce projet tient tant à coeur: il y a beaucoup beaucoup d’argent à gagner !

*MIT : Massachusetts Institute of Technologie. Cet institut est une université et un institut de recherche, spécialisé dans le domaine de la science et de la technologie.

 

LA VOIX DES FEMMES

Donald Trump ne pourra ni trompéter, ni triompher après les manifestations qui ont lieu samedi et dimanche à travers le monde en réaction à son investiture.

La marche des femmes qui a débuté par un simple appel d’une femme, Teresa Shook, sur facebook a débouché sur un mouvement mondial pour les droits civiques, mouvement spontané, galvanisant et très encourageant. C’est aussi une trainée de poudre qui a traversé tous les continents, de l’Australie à l’Amérique en passant par l’Europe. Le mouvement en dit long sur l’ambiance qui règne après un jour de présidence Trump !

Impossible de ne pas entendre la voix des femmes, ni de voir les bonnets roses en forme d’oreilles de chat ! Trump ne pourra pas dire cette fois-ci que les médias sont « les plus malhonnêtes de la terre » pour avoir minimisé le soutien populaire lors de son discours d’investiture.

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poster de Liza Donovan « Hear our voice » – Ecoutez notre voix

A lire aussi dans la presse : la marche des femmes

Voici la mission de la Marche pour les Femmes :

« We stand together in solidarity with our partners and children for the protection of our rights, our safety, our health, and our families – recognizing that our vibrant and diverse communities are the strength of our country. »

traduction :

Nous sommes ensemble et solidaires avec nos partenaires et nos enfants pour la protection de nos droits, notre sécurité, notre santé et nos familles, reconnaissant que nos communautés variées et vibrantes sont la force de notre pays.

Pour en savoir plus : le site de la Marche pour les Femmes

LA MARCHE DES FEMMES ou défendre la dignité

L’artiste Shepard Fairey, connu pour son poster intitulé HOPE , symbolisait en 2008 la campagne d’Obama. Aujourd’hui il publie des posters pour la marche des femmes. Ils peuvent être téléchargés gratuitement et utilisés pour les manifestations.

La marche des femmes a réuni à Washington des milliers de personnes, qui veulent entre autres protester contre les propos misogynes d’un homme qui est devenu le Président de l’un des pays le plus puissant au monde. Avec ce type de comportement et de discours, Trump devient le 45e président des Etats Unis ayant réussi à obtenir le taux de désaffection le plus élevé après un jour de présidence.

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Oeuvre de Shepard Fairey – Série « We the people… »

Pour télécharger les posters, cliquer ici

Mieux encore, les femmes se sont rassemblées partout dans le monde pour faire entendre leur voix, leur dignité, leurs droits. We the people defend dignity.