Archives mensuelles : septembre 2011

AZF, 10 ans après…

Dix jours après l’attentat des Twin Towers de New York (USA), Toulouse vivait une catastrophe industrielle sans précédent. Le 21 septembre 2001, à 10h17, vingt et une personnes trouvaient la mort dans l’usine chimique d’AZF (Groupe Total) suite à une explosion. Dix autres personnes décédaient à l’extérieur de l’usine. Bilan de la catastrophe : 31 morts, des milliers de personnes blessées et des dizaines de milliers de bâtiments éventrés, détruits, ainsi que des milliers de logements sans fenêtres.

AZF 10 ans apres

21 septembre 2011, Toulouse commémore les dix ans de l’explosion d’AZF sur le site de l’usine détruite. La tour emblématique de l’usine a été photographiée avant sa destruction (28 novembre 2004). Aujourd’hui les salariés replongent dans les souvenirs, pour certains ce sont encore des moments très douloureux. Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson.

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Dix ans après, l’amertume, la déception et l’émotion sont palpables. Les raisons de l’explosion dans l’atelier des nitrates ne sont toujours pas connues. Les salariés ont entendu deux explosions, or le tribunal de première instance, n’a reconnu qu’une seule explosion. Beaucoup d’hypothèses ont été exposées allant de l’arc électrique à l’attentat (n’oublions pas que l’explosion s’est produite 10 jours après l’attentat du World Trade Center et que cette piste était la plus facile dans ce contexte). Les salariés se sont sentis attaqués, abusés par la presse, la rancœur est grande. Aujourd’hui encore, il existe beaucoup de dissensions entre anciens salariés AZF, riverains et municipalité. Les salariés commémorent certes sur le site mais déposent leurs gerbes devant leur stèle. Comme on le voit, les blessures sont à vif.

A quelques centaines de mètres du site d’AZF et du lieu officiel de commémoration, les Sinistrés du 21 sont rassemblés au rond point du 21 septembre et brandissent des drapeaux syndicalistes. Ils n’ont pas voulu participer à la commémoration officielle organisée par la Mairie de Toulouse. Par contre, le collectif des riverains Plus jamais ça, était présent avec Pierre Cohen, Pierre Izard et Martin Malvy pour déposer une gerbe de fleurs au pied de la stèle érigée à la mémoire des 31 morts.

les salariés d'AZF en 2011

Serge, Roger, Jean, Pierre, et deux autres collègues de l’ancienne AZF posent devant leur propre photographie noir et blanc réalisées par Patrick Baggi avant la destruction de la tour emblématique. 10 ans après, les plaies ne sont pas encore tout à fait refermées.  Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson.

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Mais pour tous, le combat continue. Si le procès qui a eu lieu fin 2009 n’a rien donné puisqu’une relaxe générale a été prononcée au bénéfice du doute, tous espèrent que le procès en appel du 3 novembre 2011 viendra apaiser la situation.

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NOCTIGARE

l’exposition est prolongée en décembre 2011

PAS DE DANSE DANS LA COUR D’HONNEUR ?

Dans la cour d’honneur du Palais Royal, il existe plusieurs façons d’appréhender le lieu : soit en s’asseyant sur l’une des colonnes de Buren, soit en courant ou bien encore en marchant.

Mais toutes les marches ne se ressemblent pas. Certains préfèrent marcher sur la ligne et être en symbiose avec le décor. D’autres préfèrent se mouvoir différemment. A chacun son style, son humeur et son humour aussi…

Promeneurs dans la Cour d'honneur du Palais Royal
Bernard (à gauche) traverse tous les jours de la semaine la cour d’honneur du Palais Royal avec son collègue de travail. Mais ce jeudi là, c’était bien différent. Etait-ce un petit pas de danse à l’attention de la photographe ? Il est vrai que le Ministère de la Culture et de la Communication, en arrière plan, peut inciter à la création artistique. Crédit photographique : © Véronique Samson

INSTANT VOLE

Nous sommes à Paris, près d’un bassin dans le jardin des Tuileries. Il fait plus de 21 degrés, le soleil brille. Les Parisiens sont ravis de cette arrière saison agréable et les touristes ont chaud !

instant vole, un baigneur...

Interdit de se baigner dans les bassins du Jardin des Tuileries, c’est valable aussi pour ce touriste qui semble avoir trop chaud ! La trempette n’aura duré que quelques secondes mais c’est toujours cela de pris. Crédit photographique : © Véronique Samson

 

Quoi de plus naturel que de se rafraichir…mais c’est sans compter avec la sécurité chevauchant son deux-roues et traquant le visiteur indiscipliné. Très rapidement l’homme en slip noir est détecté et sommé de se rhabiller. C’est à la vitesse grand V qu’il remet ses vêtements sous les regards amusés des autres touristes.

Dans le pays de Voltaire, il est interdit de se baigner dans les bassins des Tuileries, même si l’on a trop chaud. Qu’on se le dise !

UNE ICONE JAPONAISE A VISA POUR L’IMAGE

Qui ne se souvient pas de cette jeune femme japonaise enveloppée dans une couverture marron, telle une madone dans un champ de ruine ?

C’était le 11 mars 2011, le photographe Tadashi Ohkudo couvrait les dégâts causés par le séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter suivi du tsunami sur la côte est du Japon. Trois jours après cette catastrophe, il se trouvait dans la ville d’Ishinomaki. Cette femme jusqu’alors inconnue se détachait, immobile, dans ce paysage d’apocalypse.

Yuko Sugimoto, l'icone du séisme japonaisDe droite à gauche : le photographe Joe Isawa, le photographe Tadashi Ohkudo, la traductrice japonaise, Yuko Sugimoto et son fils Raïto, Caroline Laurent-Simon journaliste. Crédit photographique : © 2011 Véronique Samson

 

Cette photo a traversé les continents et a été publiée dans le monde entier, symbolisant l’ampleur de la tragédie japonaise. Elle a fait aussi la couverture de Paris Match en mars 2011. Ce magazine a voulu savoir qui se cachait derrière le code « blanket woman » (la femme couverture) donné par Paris Match. Le photographe Joe Isawa, originaire de la même ville, a retrouvé la trace de cette femme.

Elle s’appelle Yuko Sugimoto. Lorsque la photo a été prise, elle recherchait encore son enfant de cinq ans avec son mari. Entre temps, le petit garçon, Raïto, avait été mis à l’abri sur la toiture de son école.

Invitée à Visa pour l’image, le festival du photojournalisme de Perpignan, Yuko Sugimoto a expliqué qu’elle n’avait pas été contente de se retrouver sur cette photo. Ce n’est qu’en France qu’elle a pris conscience de la portée de celle-ci. Si ce cliché peut encourager à venir en aide au Japon, je suis fière d’être sur cette photo, a-t-elle déclaré.

Yuko Sugimoto a gagné à la loterie et elle pourra emménager dans une maison préfabriquée, mais ses parents continueront à vivre dans un gymnase.

Nous ne saurons pas ce que ce voyage à Perpignan, organisé par Paris Match, aura apporté à Yuko Sugimoto et à sa famille mais le buzz aura marché.